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I - Technologie
CMOS
La technologie CMOS est une technologie
planaire destinée au développement des systèmes à
très haute échelle d’intégration (VLSI). Grâce aux
propriétés des transistors MOS complémentaires (notées
CMOS pour Complementary Metal Oxyde Silicon), cette technologie permet de réaliser
des circuits à faible coût et à basse consommation. Cet
avantage lui a permis d’être reconnue comme la technologie de pointe la
plus avancée et la plus maîtrisée dans le domaine de la
micro-électronique.
Parmi les types de technologies
CMOS, on peut citer les trois qui sont les plus connues: la technologie
CMOS à caisson n, la technologie CMOS à caisson p, et la technologie
CMOS à double caisson. Une technologie CMOS à caisson n utilise
un substrat en silicium de type p dans lequel est formé un caisson en
silicium de type n. Des transistors pMOS sont alors réalisés dans
ce caisson et des transistors nMOS dans le substrat. Une technologie CMOS à
caisson p, permet de réaliser des transistors pMOS sur le substrat de
type n et des transistors nMOS dans un caisson p. Enfin, la technologie CMOS
à double caisson utilise un substrat en silicium de type quelconque,
sur lequel sont déposés des caissons de type n et des caissons
de type p.
Les transistors nMOS et pMOS qui
peuvent être réalisés par ces technologies sont utilisés
pour former des fonctions analogiques ou numériques ; une coupe
de ces transistors est donnée sur la fig. (1). Les procédés
de fabrication utilisés dans chaque technologie CMOS pour réaliser
ces transistors diffèrent d’un fabriquant à un autre et évoluent
continuellement pour réaliser des composants plus performants et plus
rapides.
Cependant il nous parait intéressant
de connaître au moins les étapes de fabrication communes à
ces technologies pour avoir une idée sur les différentes structures
de composant semi-conducteur qu’elles peuvent réaliser.
 

fig.(1). Vue en coupe
des transistors CMOS de type n et de type p réalisés par
trois différents procédés de fabrication CMOS.
La vue en coupe (a) montre les deux types de transistors dans une technologie
CMOS à caisson n, (b) montre ces transistors dans une technologie
CMOS à caisson p et (c) dans une technologie CMOS à double
caisson.
Dans le paragraphe suivant, nous
allons présenter les grandes lignes des procédés de fabrication
utilisés par les technologies CMOS à caisson n, ce qui permet
d’en déduire par analogie les procédés communs utilisés
dans les technologies CMOS à caisson p et à double caisson.
Procédé de fabrication
CMOS à caisson n
L’approche la plus couramment utilisée
dans une technologie CMOS à caisson n est d’utiliser un substrat en silicium
de type p modérément dopé, de créer le caisson n
pour les composants à canal p et de former les transistors à canal
n dans le substrat natif. Le procédé de fabrication utilisé
par cette technologie est généralement complexe et dépend
du fondeur, nous allons donc restreindre notre étude aux étapes
essentielles.
La figure (2) illustre le procédé
de fabrication en technologie CMOS à caisson n et donne à chaque
étape du procédé une vue en coupe de la tranche du silicium
en fabrication et le masque correspondant.
Généralement dans
une technologie de circuits intégrés, on commence par une tranche
de silicium (Wafer) sur laquelle on a déjà déposé
une couche épaisse d’oxyde. La première étape consiste
à définir la région où le caisson n sera formé,
dans cette région la couche d’oxyde épais est gravée pour
permettre une diffusion profonde d’impureté de type n telle que le phosphore.
La profondeur du caisson ainsi que son niveau de dopage va dépendre de
l’énergie et de la durée de la diffusion. Le caisson ainsi formé
va servir à réaliser des transistors à canal p.
La seconde étape consiste
à définir les régions où seront formées les
couches fines d’oxyde qui sont nécessaires pour réaliser les grilles
des transistors. La couche épaisse d’oxyde est alors gravée jusqu’au
substrat dans les régions où des transistors à canal n
seront réalisés, et jusqu’au caisson dans les régions où
des transistors de type p seront formés. Les couches fines sont alors
crées par oxydation du silicium.
Dans l’étape suivante la
grille en polysilicium est formée. Cette étape consiste à
recouvrir le matériau de polysilicium puis à faire une gravure
pour enlever l’essentiel de cette couche de façon à ne laisser
que les régions qui vont servir comme grille pour les transistors.
Dans les deux étapes qui
suivent les transistors de type n et les transistors de type p sont définis.
Une diffusion localisée d’impuretés de type donneur telle le phosphore,
va former le drain et la source des transistors à canal n, ces régions
sont appelées régions de diffusion n+. Une diffusion localisée
d’impuretés de type accepteur telle que le Bore va former les régions
de drain et source des transistors à canal p, ces régions sont
appelées région de diffusion p+. Ces deux étapes sont faites
après la formation de la grille de polysilicium pour assurer un auto-alignement
des deux régions de diffusion d’un transistor.

fig(2). La figure montre
les différentes étapes suivies pendant un procédé
de fabrication d’une technologie CMOS à caisson n. Elle donne
une vue en coupe de la tranche de silicium en fabrication ainsi que
le masque correspondant à chaque étape du procédé
CMOS à caisson n.
Comme le montre la figure (2),
les étapes précédentes ont permis de réaliser des
transistors à canal p dans le caisson et des transistors de type n dans
le substrat. L’étape qui suit consiste à définir les lieux
où un contact sera réalisé. La couche d’oxyde est alors
gravée jusqu’aux surfaces sur lesquelles sera pris un contact métallique.
Cette étape est suivie par une métallisation pour former ces contacts
métalliques ainsi que les pistes d’interconnexions. Le nombre de niveaux
de métal diffère d’une technologie à une autre, plus il
y a de niveaux de métal, plus le concepteur a de facilités pour
réaliser les connections entre les composants dans le circuit intégré.
L’étape finale consiste
à recouvrir le circuit d’une couche de passivation ( une couche d'oxyde)
et à réaliser des ouvertures pour les différents plots
du circuit intégré. La couche de passivation est nécessaire
puisqu’elle permet de protéger le silicium d’une contamination par des
impuretés qui peuvent affecter les composants.
Par analogie avec les étapes du procédé
de fabrication de la technologie CMOS à caisson n on peut déduire
les étapes des procédés CMOS à caisson p ou à
double caisson.
Cliquer ici pour voir
une animation sur la technologie CMOS (format flash)
II - Technologie
bipolaire
La technologie bipolaire est une
technologie planaire qui permet de réaliser des systèmes à
très haute échelle d’intégration à partir de transistors
bipolaires. Un circuit dans cette technologie peut incorporer des transistors
npn, des transistors pnp, des diodes, des résistances et des éléments
capacitifs. Les propriétés des transistors bipolaires font que
les circuits électroniques réalisés dans cette technologie
sont plus rapides comparés aux même circuits réalisés
dans une technologie CMOS. Cependant l’inconvénient majeur qu’ils présentent
est leur forte consommation.
Une vue en coupe des éléments
réalisés dans cette technologie est présentée sur
la figure (3) où on peut observer des résistances formées
par des régions de diffusion
dans la couche épitaxiale de type n. Une diffusion
réalisée dans une région
permet de former des diodes à jonctions. Un transistor npn vertical est
réalisé par une succession de diffusions
et dans la couche épitaxiale.
Cette dernière couche sert de collecteur pour le transistor, la diffusion
sert de base et la diffusion
d’émetteur. Le transistor pnp latéral est formé par deux
régions de diffusion , qui
servent d’émetteur et de collecteur, dans la couche épitaxiale
de type n qui sert de base pour le transistor. Les éléments capacitifs
ne sont pas présentés dans cette figure.

Fig.(3). Vue en coupe des
composants réalisés dans une technologie bipolaire. Le
procédé de fabrication dans cette technologie permet de
faire un empilement de 4 couches de silicium de type différents
(pnpn).
Dans ce paragraphe, nous allons
décrire les étapes essentielles suivies pendant un procédé
de fabrication dans la technologie bipolaire.
Procédés de fabrication
dans une technologie bipolaire
Le point de départ dans
un procédé de fabrication bipolaire est généralement
un substrat de type p modérément dopé. La surface de ce
substrat est ensuite polie et traitée pour enlever les impuretés
et les couches d’oxyde.
Une couche mono-cristalline de
silicium de type n est ensuite formée par épitaxie sur tout le
substrat. Cette couche va servir de collecteur pour les transistors verticaux
de type npn ou de base pour les transistors latéraux de type pnp.
Une épaisse couche d’oxyde
est alors formée sur toute la surface de silicium. Cette couche dont
l’épaisseur est typiquement de l’ordre de 5000 Å, permet
de réaliser des masques pour définir les régions où
seront formés des diffusions d’impuretés donneur ou accepteur.
L’étape suivante consiste
à former les îlots d’isolation par diffusion d’impureté
donneur . Cette diffusion est réalisée
dans les régions définies par la gravure faite dans l’épaisse
couche d’oxyde. Ces îlots permettent de séparer électriquement
les transistors adjacents.

fig.(4). Etapes technologiques
dans un procédé de fabrication bipolaire. La première
étape consiste à déposer par épitaxie une
couche de silicium de type n. Une première diffusion d’impureté
donneur permet de réaliser des îlots d’isolation. Une deuxième
diffusion, moins profonde, de donneurs permet de réaliser la
base du transistor npn vertical. Une diffusion d’impureté accepteur
définit la région d’émetteur du transistor. Les
dernières étapes consistent à réaliser les
contacts ohmiques, les pistes métalliques pour l’interconnexion
et à déposer une couche de passivation.
L’étape suivante consiste
à réaliser une gravure dans la couche épaisse d’oxyde pour
définir les régions où seront formés les collecteurs
ainsi que les émetteurs des transistors pnp latéraux, les régions
de base des transistors npn verticaux ainsi que les résistances. Une
seconde diffusion d’impureté donneur permet de réaliser des zones
de diffusion dans ces régions.
Les régions d’émetteur
des transistors npn verticaux ainsi que les contacts ohmiques dans le caisson
n sont alors réalisés par une diffusion d’impureté donneur
(diffusion ).
Un dépôt de métal
permet ensuite de former les contacts sur les différents composants ainsi
que les pistes métalliques pour l’interconnexion. Enfin une couche de
passivation est formée sur la surface du silicium, elle permet de protéger
les composants d’une éventuelle contamination.
III Technologie
BiCMOS
La technologie BiCMOS est apparue
vers les années 1990. Comme elle utilise à la fois le procédé
de fabrication d’une technologie bipolaire et le procédé d’une
technologie CMOS, elle permet de réaliser sur le même circuit des
transistors CMOS et des transistors bipolaires. Ainsi elle rassemble les avantages
des ces deux technologies. En particulier, elle permet de réaliser des
circuits rapides et à faible consommation.
Une vue en coupe des composants
réalisés dans cette technologie est donnée sur la figure
(5). Les transistors CMOS de type n sont réalisés dans les caissons
p et des transistors CMOS de type p dans les caissons n.

Fig.(5). Vue en coupe de
composants réalisés dans un procédé de fabrication
BiCMOS. (cette technologie permet de réaliser des transistors
npn verticaux à émetteur en polysilicium. La structure
du transistor peut être utilisée pour réaliser des
détecteurs de couleur à trois jonctions enterrées.)
Comme le montre la figure (5),
le transistor npn vertical réalisé dans cette technologie a une
structure différente de celle du transistor npn vertical réalisé
dans une technologie bipolaire. En effet l’émetteur de ce transistor
est formé principalement par une couche de polysilicium (d’où
son nom transistor bipolaire à émetteur en polysilicium).
Pendant le procédé
de fabrication dans une technologie BiCMOS, la région de base du transistor
est formée par une diffusion dans
le caisson n. Un îlot de diffusion
est alors réalisé dans le caisson n et sert comme contact ohmique
profond. Le caisson n et cet îlot de diffusion forment la région
du collecteur du transistor.
L’émetteur est réalisé
en deux étapes : la première étape consiste à
déposer le deuxième niveau de polysilicium (poly2) sur la région
de diffusion (région de la
base du transistor) ; la seconde étape consiste à effectuer
une diffusion d’impureté donneur sur cette couche de polysilicium pour
augmenter sa conductivité. La durée de la diffusion de donneurs
est fixée de telle sorte que ces impuretés traversent la couche
de polysilicium et forment une région de diffusion
au dessous de cette couche. Cette région de diffusion
forme avec la couche de polysilicium l’émetteur du transistor.
Sachant que le procédé
de fabrication dans la technologie BiCMOS combine les deux procédé
CMOS et bipolaire, nous n’allons pas présenter les étapes de son
procédé de fabrication.
Cliquer
ici pour voir une animation sur la technologie BiCMOS (format flash)
IV Technologie
SOI
Technologie CMOS silicium sur insulaire
(SOI) : cette technologie a plusieurs avantages potentiel sur les autres
technologies traditionnelle décrite précédemment, notamment
au niveau de la haute densité, pas de problème de ‘latch-up’ et
plus faible capacité parasite. Dans le processus SOI, une couche mince
d’un film de silicium cristallin est épitaxié sur un isolateur
tel que le saphir ou le spinelle d'aluminium de magnésium. Plusieurs
masques et techniques de dopage sont ensuite utilisé pour former les
canaux n et p. Les étapes de
fabrication typiques sont les suivantes :
- on fait croître une couche mince de silicium faiblement dopé
n au dessus d’un isolant comme le saphir par exemple (fig 6a). - On grave les
zone de silicium sauf là où les régions de diffusion seront
utilisé (fig. 6bc). La gravure doit être ‘anisotropic’ puisque
l’épaisseur de silicium est plus grande que la distance désirée
entre deux ceux couche de silicium. - ensuite une couche p est formée
en masquant la couche n par une couche photorésistante. Un dopant p,
Bore par exemple, est implanté(fig. 6d). L’îlot p deviendra ensuite
un canal n. - L’îlot p est ensuite recouvert avec un couche photorésistante
tandis que la région n est dopé, phosphore par exemple, pour donné
un îlot n (fig. 6e). Cet îlot deviendra ensuite un canal n. - On
fait croître un une couche mince d’oxyde au dessus de toutes les structures,
ceci est effectué normalement par oxydation thermique. - Un film polysilicium
est déposé au dessus de la couche d’oxyde. - On dope avec du phosphore
cette couche de polysilicium pour diminué la résistivité
(fig. 6f). Le polysilicium est dessiné en photomasquant et en gravant.
Ceci définit la couche polysilicium dans la structure (fig. 6g).- L’étape
suivante consiste a former la source et le drain du canal n dans l’îlot
p. L’îlot n est couvert par une couche photorésistante et le dopant
n est ainsi implanté (fig. 6h). le dopant sera bloqué par la couche
photorésistante au niveau de l’îlot n et il sera bloqué
au niveau de la grille de l’îlot p par le polysilicium. Ainsi cette étape
définira le dispositif à canal n. - Le dispositif à canal
p est ensuite formé en masquant l’îlot p et en implantant le dopant
type p. Le polysilicium au dessus de la grille de l’îlot n bloquera le
dopant de la grille, ainsi le dispositif a canal p est formé (fig. 6i).
- Une couche de verre phosphoreux ou un autre type d’isolant tel que le dioxyde
de silicium est ensuite déposé au-dessus de la structure entière.
Cette couche de verre est gravée au niveau des contacts. La couche de
métal est formée ensuite par évaporation d’aluminium sur
toute la surface et elle est gravée pour garder uniquement les zones
où le métal est désiré. L’aluminium va coulé
à travers les zones de contacts pour établir la liaison avec les
diffusion et les régions de polysilicium (fig. 6j). - Une couche de passivation
finale est déposé et gravé au nivaux des ‘bonding’.
La technologie SOI admet des avantages
vis à vis des autres technologies qui sont : Absence de caissons
ce qui permet d’avoir des structures plus denses. Des capacités parasites
plus petites ce qui fournit une plus grande rapidité des circuits. Pas
de problèmes d’inversion du à un substrat isolant. Pas de problème
de ‘latch-up’ dû à l’isolation des transistors n et p par un substrat
isolant. Comme le substrat est isolant, on n’a plus de problème d’effet
substrat. Toutefois, vu l’absence de diode substrat, les entrées sont
plus difficile a protéger. L’autre inconvénient majeur réside
dans le coût de fabrication qui est beaucoup plus élevé
que les autres technologies, notamment au niveaux du substrat employé
ici est beaucoup plus chère qu’un substrat silicium.

Fig 6 : Procédé de fabrication
de la technologie SOI
On vient de décrire les
principaux processus de la technologie CMOS. Au cours des années, des
améliorations ont été apportées à ces technologies.
On peut cité par exemple l’emploi de plusieurs niveaux de métallisation
ou de policilicium, la diminution de la longueur de la grille. Ceci dans le
but d’augmenter les performances des circuits dans le domaine du numérique
( accroître le nombre de transistors sur une surface) et de l’analogique
( capacité de haute qualité, des résistances à caractéristiques
variable)
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